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Un jour, je serai RRH… ou l'itinéraire d'une jeune RH pleine d'enthousiasme

 
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Les limites de la transparence dans l’entreprise

J’ai intégré une société dont je partage fortement les valeurs, en particulier celle de la transparence. Ici, on prône l’honnêteté, on assure ne pas se froisser, et ce quel que soit le sujet abordé.

Il est vrai que les sujets qui fâchent sont légion dans le monde de l’entreprise: rémunération, ambitions professionnelles, départs, expériences antérieures…

Soyons clairs: personne n’est tout à fait honnête dans l’entreprise. Je pense qu’il faut en avoir conscience et ne pas s’en offusquer. Nous voulons tous cacher des choses, et c’est notre droit. Une expérience qui s’est mal passée et s’est conclue par une rupture de période d’essai – pourquoi l’évoquer? Rien ne nous y oblige après tout… Un licenciement? Une mise au placard? Un congé sabbatique? Nombreux sont ceux qui passent sous silence ces épisodes. Je soutiens fortement cette tendance car je suis partisane du recrutement fondé sur la compétence et le potentiel des candidats. Après tout, si la personne est capable de prendre en main le poste, quelle importance qu’elle ait un trou dans son CV? Qu’elle n’ait pas vraiment 5 ans d’expérience, mais plutôt 4,5? Malheureusement, j’ai bien peur d’avoir l’esprit très ouvert sur cette question, ce qui n’est pas le cas de l’ensemble de la profession. Donc, oui, il faut cacher certaines choses.

Attention, cacher c’est dissimiler, ce n’est en aucun cas falsifier. Typiquement, lors d’un congé sabbatique par exemple, le contrat de travail de la personne est suspendu mais son poste est sauvegardé, il n’est pas donc pas faux de déclarer que l’on fait toujours partie de l’entreprise. Une expérience qui a pris fin trop tôt peut être éclipsée d’un CV, cela ne veut pas dire qu’il faut changer les autres dates pour camoufler le trou… l’équilibre est difficile à trouver, j’en conviens. Quoi qu’il en soit, un bon recruteur identifiera toujours ces « trous », mais il devra s’attacher à la valeur d’un candidat, et non à un bout de papier (ou à un format informatique, on n’imprime plus les CV voyons!). Sinon, à quoi servent les entretiens et quelle est la valeur ajoutée de la fonction recrutement si, de toute façon, seul le parcours stricto sensus compte?

De la même manière, faut-il exprimer haut et fort en entreprise sa frustration vis à vis de sa rémunération, son envie de quitter la société ou son ambition pour un autre poste? La réponse de normand s’impose: ça dépend de l’entreprise. J’ai vécu une expérience très marquante : dans l’une de mes anciennes sociétés, il était tout bonnement impossible d’évoquer ce type de sujet. Il fallait en effet attendre qu’on nous le propose, les collaborateurs étaient complètement passifs et absolument pas maîtres de leur destin. Parler de souhait d’évolution ou d’augmentation était ressenti comme un sacrilège, une attaque frontale vis à vis de la direction, un manque de confiance… Comme si les managers et RH étaient les seuls à même de savoir ce qui était bon pour nous. Bien sûr, ils en ont une idée, ils ont une évaluation de notre travail et de notre potentiel, il ont une vision plus complète des postes disponibles et du paysage concurrentiel… mais faut-il pour autant garder le silence et se laisser guider comme un enfant? Impossible donc d’évoquer ce type de sujet dans ce genre de culture d’entreprise, que, pour ma part, je fuis désormais comme la peste.

Dans un monde idéal, ce type de sujet devrait pouvoir être évoqué dans la sérénité. Un collaborateur n’est pas satisfait de sa rémunération? Parlons-en. Présentons lui la politique de rémunération de l’entreprise, comparons sa situation avec celle de ses collègues (de façon anonyme bien sûr) pour l’aider à se situer. Faisons une étude sur le marché pour se comparer aux autres entreprises. Explicitons les critères qui font que cette rémunération est telle qu’elle est… ou augmentons-là s’il y a lieu. Pourquoi faire de ce sujet une crispation? Il ne s’agit que d’un sujet de discussion comme un autre dont deux personnes intelligentes peuvent débattre dans le calme. De la même façon, le collaborateur doit pouvoir s’ouvrir sur ses souhaits d’évolution, et la situation doit pouvoir être clairement exposée: refus, acceptation, mise en attente et surtout, les arguments qui y ont conduit. Enfin, les départs: si une personne souhaite quitter la société, je pense qu’elle devrait pouvoir le dire sans gêne: envie de changer de métier, de zone géographique? Si l’entreprise ne peut rien proposer dans ce sens, je ne vois pas pourquoi cela devrait lui poser un problème. Au contraire, un collaborateur qui présente en avance de phase son projet aide l’entreprise à anticiper le départ qui se fera donc dans de bien meilleures conditions. Frustration sur la rémunération? La politique interne ayant était présentée, si le collaborateur n’y adhère pas, il est logique qu’il cherche un autre modèle chez un concurrent. Pourquoi s’en offusquer? Vaut-il mieux que ce collaborateur trouve son bonheur ailleurs ou qu’il reste dans l’entreprise à ressasser son insatisfaction, quitte à faire tâche d’huile? J’ai vite fait mon choix.

Dans ma nouvelle entreprise, on prône la transparence. Pour l’instant, ça marche. Mais je ne suis pas dupe, pour combien de temps? Plus une entreprise grossit, moins il est facile de tenir ce type de politique qui ne fonctionne que si l’ensemble des acteurs y adhère. Déjà, je commence à sentir des réticences chez certains…

Dans : Humeur
Par AZS
Le 27 mars 2012
A 11 h 03 min
Commentaires :1
 

1 Commentaire

  1.  
    rachat credit
    rachat credit écrit:

    Bonjour, savoir équilibré toutes ces choses est la meilleur solution pour que tout le monde soit satisfait!

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