Un jour je serai RRH

Un jour, je serai RRH… ou l'itinéraire d'une jeune RH pleine d'enthousiasme

 

Les bonnes résolutions

En début d’année, il est de bon ton de prendre de « bonnes résolutions ». En entreprise, cela revient à se fixer des objectifs.

Qu’est-ce au fond qu’un objectif, au fond? C’est une cible à atteindre, si possible ambitieuse. Le principe de l’objectif est que, si on ne l’avait pas posé clairement, on n’aurait pas atteint ce résultat. L’idée est donc de motiver, de créer de l’émulation.

En ce début d’année, je me demande si les objectifs (annuels/semestriels) sont vraiment une bonne chose. D’abord, qui les détermine? Ce sont souvent les managers, les n + quelque chose, qui ont une vision macro de l’activité mais n’ont pas souvent conscience de l’ensemble des contraintes des collaborateurs… Dès lors, les objectifs sont biaisés, souvent trop loin des réalités. Soit ils sont facilement atteignables et ne remportent pas leur « objectif » (!), soit ils sont impossibles à atteindre, et dans ce cas ils risquent de créer chez beaucoup de la démotivation ou de l’indifférence. Coup d’épée dans l’eau.

Certains sont donc partisans des objectifs définis par les individus eux-mêmes, mais là la personnalité de chacun va devenir prépondérante. Ainsi, une personne dynamique et ambitieuse va volontairement se fixer des objectifs complexes afin de se dépasser. Mais beaucoup vont avoir tendance à sous estimer les résultats afin de passer une année tranquille. Contre-productif.

Que faire alors? Dans la grosse société dans laquelle j’ai travaillé trois ans, on revoyait ses objectifs à mi année, ce qui est une bonne chose pour recalibrer et comprendre d’où viennent les écarts. C’est déjà pas mal.

Mais ce qui m’intéresse, c’est cette tendance venue du monde de l’informatique, l’agilité, et en particulier une méthode agile nommée Scrum. Sans rentrer dans les détails de cette méthode, je vais vous en brosser quelques traits. Avant, les personnes qui commandaient un projet informatique rédigeaient un (très) long cahier des charges et attendaient tranquillement la livraison du projet, souvent des mois voire des années plus tard. La méthode Scrum propose une toute autre approche: on met en place des cycles, nommés itérations, qui durent en général de dix jours à trois semaines. Au début du cycle (qu’ils appellent le sprint), les développeurs informatiques et un représentant du client (interne ou externe) se réunissent pour définir ce qui va être réalisé au cours de cette itération. Chacun a son mot à dire et tous les développeurs donnent leur avis sur le temps que prendra telle ou telle tâche. On se sépare donc en ayant défini clairement ce qui sera réalisé au cours du sprint, chacun ayant donné son accord sur la faisabilité du cycle. Tous les jours, une courte réunion (en restant debout pour l’écourter, d’où son nom de Stand Up Meeting) permet de faire le point sur ce qui a été fait la veille et sur ce qui reste à réaliser. A la fin du sprint, on fait le point sur ce qui s’est bien passé ou pas pour en tirer des leçons avant le prochain sprint…

L’intérêt de cette démarche est clair: on ne fixe que des objectifs réalisables et court terme, le client a en permanence une vision claire de ce qui se passe et de l’avancée du projet, on peut rapidement et à tout moment replacer le curser… Bien sûr, on multiplie les réunions mais toutes les personnes ayant testé cette méthode l’ont adoptée.

A mon sens, les objectifs devraient tous s’inspirer de Scrum. Évidemment, en RH, cela ne paraît pas si facile à mettre en place. Mais peut-être faudrait-il trouver un moyen de se rapprocher de ce fonctionnement…

Dans : Humeur
Par AZS
Le 7 janvier 2013
A 14 h 46 min
Commentaires : 0
 

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