Un jour je serai RRH

Un jour, je serai RRH… ou l'itinéraire d'une jeune RH pleine d'enthousiasme

 
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Ce surplus de règles qui étrangle les entrepreneurs

Les diverses réactions reçues suite à mon précédent article concernant le Document Unique d’Evaluation des Risques m’ont fait prendre conscience du poids que subissent les entrepreneurs.

Les personnes qui choisissent de créer leur entreprise sont souvent mues par une idée, parfois neuve, une volonté de tenter une aventure exaltante. Ils veulent proposer quelque chose à des clients, que ce soit un produit ou un service. Ils s’enthousiasment à l’idée de réaliser leur première affaire, d’obtenir des retours positifs de leurs clients. En bref, ce sont des passionnés.

Bien sûr, beaucoup espèrent vivre, si possible confortablement, de leur affaire. Mais rare sont ceux qui se font des allusions quant à la difficulté de monter une entreprise viable et pérenne. Les premières années sont bien difficile, il ne faut pas compter ses heures ni les investissements financiers. Bien souvent, l’entrepreneur doit attendre trois années avant de pouvoir « se payer ».

Et pourtant, malgré toutes ces contraintes et difficultés, nombreux ceux qui tentent l’aventure de l’entreprenariat. Des milliers de personnes lancent leur entreprise chaque année. Ces entrepreneurs sont à encourager et à soutenir, ils sont vecteurs d’espoir… et, plus pragmatiquement, de croissance.

Mais une entreprise demande souvent des collaborateurs. Rare sont les affaires qui se développent sans le soutien de salariés. Il en existe bien sûr ; certains, très honnêtes, sous-traitent à des entreprises spécialisées l’une ou l’autre des tâches qu’ils ne peuvent accomplir, d’autres hélas vont faire appel à des armées de stagiaires. Mais beaucoup vont recruter.

S’il faut bien sûr se réjouir de ces recrutements, force est de constater qu’ils vont tôt ou tard devenir une épine dans le pied des entrepreneurs. Pas en tant que personne ou que collaborateur, mais simplement en tant que salarié, dans la mesure où la croissance de l’effectif d’une entreprise signifie toujours plus d’obligations réglementaires.

Comme je l’écris souvent (et le pense !), toutes ces obligations partent d’une bonne intention : que ce soit la rédaction d’un règlement intérieur, la mise en place de représentants du personnel ou le fameux Document Unique d’Evaluation des Risques. Bien sûr qu’il est important d’édicter des règles. Bien sûr que les salariés doivent être protégés. Bien sûr que l’employeur doit mettre en place des mesures de prévention. Mais revenons à notre entrepreneur, celui qui est motivé par son idée qu’il juge révolutionnaire, celui-là même qui travaille quatorze heures par jour et même le week-end, qui ne s’octroie pas de vacances et qui a investi dans son affaire : cet entrepreneur-là ne peut considérer toutes ces obligations réglementaires comme ses priorités. Cela ne veut pas dire qu’il ne les comprend pas ni qu’il n’adhère pas à leur importance. Cela veut seulement dire que toutes ces règles ne sont pour lui qu’un poids de plus dans son quotidien.

Il y aura dès lors deux types d’entrepreneurs : ceux qui feront fi de toutes ces règles et remettront (parfois aux calendes grecques) leur mise en place, au risque de se faire épingler par l’URSSAF ou l’Inspection du Travail. Et il y aura ceux qui se mettront en conformité réglementaire par conviction, professionnalisme ou peur, d’une amende ou d’un procès. Mais ne nous leurrons pas : à ce stade, aucun entrepreneur ne mettra en place tous ces documents et toutes ces procédures en essayant de faire croire qu’il s’agit de sa priorité.

J’ai la chance de mettre en place depuis quelques années la Direction RH d’une petite entreprise qui grossit, certes, mais qui reste dans l’esprit de l’entreprenariat. En tant que Responsable RH, mon objectif est de créer un environnement de travail propice à l’émulation et la réussite de chacun. Les dossiers qui m’intéressent le plus sont la gestion de carrière, la formation, la communication interne, l’image employeur… l’essence même des RH. En résumé, l’esprit entrepreneur appliqué aux Ressources Humaines. Bien sûr, mon poste comporte également des parties plus administratives, comme la gestion du personnel ou la paie. Mais je ne me suis jamais définie – et je ne le ferai jamais – comme la responsable de l’organisation des élections des Délégués du Personnel, ou comme rédactrice du règlement intérieur, ou comme la responsable de l’affichage obligatoire, j’en passe. Il est évident que ces obligations m’incombent et je m’en acquitte de bonne grâce. Cependant, je ne peux que tomber de ma chaise quand je lis les réactions de certains qui voudraient que ces obligations soient prises comme des opportunités. Je sais bien que ce discours vient de ceux qui veulent vendre leurs propres prestations, et je les comprends. Mais ils doivent aussi comprendre que ces règles ne peuvent pas être la priorité des entrepreneurs. Cela pourra le devenir, mais plus tard : dans l’immédiat, la jeune entreprise doit faire en sorte de devenir pérenne et de s’assurer la fidélité de ses salariés, et c’est cela mon travail.

Alors oui, je l’avoue, j’ai rempli toutes les obligations réglementaires dans le seul but de mettre mon entreprise en conformité avec les textes. Et j’estime que cela est déjà un bel effort. Je chiffre à un quart de mon temps de travail passé à ces mises en conformités, ce qui explique, si on réfléchit en somme d’argent, pourquoi beaucoup d’entrepreneurs choisissent de s’en passer. Nous autres RH, eux autre entrepreneurs, souhaitent se focaliser sur les éléments vraiment fondateurs de l’entreprise plutôt que sur les satellites qui, s’ils ont leur importance, ne sont pas essentiel lors de la genèse d’une entreprise.

 

Dans : Humeur
Par AZS
Le 13 mars 2014
A 15 h 31 min
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