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Scandale autour de la formation professionnelle

Toutes les entreprises paient des cotisations afférant aux formations et doivent les verser annuellement à un OPCA (Organisme Paritaire Collecteur Agréé). Ces OPCA sont des association sous contrat avec l’Etat dont le rôle est de gérer ces cotisations. En clair, quand une entreprise met en place une action de formation, elle demande à son OPCA une prise en charge totale ou partielle des coûts générés.

Ce système est lourd et très administratif, je me suis déjà épanchée à ce sujet. Je ne vais pas tirer de grandes généralités car j’imagine que tout dépend de l’OPCA. A noter que les OPCA sont liés aux secteurs d’activité: ainsi, toutes les entreprises d’un même secteur dépendent du même OPCA.

Mais venons en au scandale proprement dit. Mon OPCA distingue différentes sortes de formation selon le public visé (âge, séniorité dans l’entreprise), la durée de la formation (quelques heures à plusieurs semaines), la vocation de la formation (Validation des Acquis de l’Expérience pour obtenir un diplôme, bilan de compétences…), etc. Chaque action de formation dépend de l’une ou de l’autre catégorie. Or, chaque entreprise a doit à un certain montant de prise en charge par catégorie: par exemple, X€ pour la VAE, X€ pour le plan de formation de l’entreprise, etc. Là où le bât blesse, c’est que mon OPCA réfléchit plutôt en termes de catégories que d’entreprises: par exemple, elle envisage de payer X milliers d’€ pour les bilans de compétence par exemple, toutes entreprises confondues. Si au mois d’août l’intégralité de ce budget est consommé, l’OPCA ne financera plus de bilan de compétences, et ce même si mon entreprise n’en a fait encore aucune demande pour l’année en cours! Mais bien sûr, ce discours est officieux, rien de tel n’est jamais affiché… Quoi qu’il en soit, en trois ans, aucune demande de subvention faite après le mois d’août n’a été acceptée.

Ainsi, on nous incite à faire nos demandes de prises en charge le plus tôt possible dans l’année. Certes, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. En effet, les actions de formation sont nominatives: ce principe de fonctionnement interdit donc la souplesse que demandent les salariés. Ainsi, si un salarié a besoin d’une formation au mois de septembre, il y a très peu de chances pour qu’il me reste des possibilités de financement, et donc le coût de cette formation sera porté uniquement par l’entreprise… ce qui n’est pas toujours possible, surtout dans les plus petites.

Autre paradoxe: l’ancienneté. On ne peut demander une formation que pour un salarié, voire un salarié ayant déjà une certaine ancienneté. Or, je suis confrontée au cas d’un futur salarié, recruté pour le mois de juin et qui aurait besoin d’une formation sur un point précis pour être pleinement opérationnel. Imbroglio administratif… je n’aurai jamais de subvention. En effet, je ne peux pas faire de demande aujourd’hui puisque la personne ne fait pas encore partie des effectifs. Et quand ce sera le cas, au mois de juin donc, le temps que les démarches soient accomplies, nous serons déjà en juillet voire en août! et il n’y aura certainement plus de budget pour ce type d’action de formation…

Résultat: mon entreprise n’utilise que très peu les sommes allouées à notre OPCA dans le cadre de la formation. A peine un sixième. Je m’en suis ouverte à mon OPCA qui m’a mis en avant toutes les catégories de formation existant, mais aucune ne m’intéresse vraiment (à part le plan de formation de mon entreprise) car elles ne sont pas du tout adaptées à ma petite entreprise… je ne détaille pas le contexte, mais objectivement, je ne peux pas faire grand chose en dehors de mon plan de formation.

Et c’est là qu’arrivent tout un tas d’instituts de formation qui me prospectent régulièrement en me faisant miroiter des subventions de mon OPCA. J’en ai rencontré plusieurs, par curiosité, et le résultat est édifiant tous proposent en fait de contourner le système, de « gruger », voire d’établir de faux documents pour obtenir des subventions. Il s’agit de monter des dossiers bidons pour débloquer des financements qui sont ensuite détournés vers les actions de formation qui nous conviennent. D’une part, le principe d’établir de faux documents heurte ma conscience (et pas que professionnelle). D’autre part, si ces instituts promettent d’utiliser ces fonds dans des actions de formation, je me doute bien que ce n’est pas le cas de tous ces instituts (qui ne semblent pas se démarquer par leur honnêteté) ni de toutes les entreprises qui font appel à eux… Alors bien sûr, on peut se dire qu’il s’agit de récupérer des sommes d’argent auxquelles, en fin de compte, notre entreprise a droit. Mais faut-il pour autant accepter ce type de procédés? Qui peut aller très loin… Ne vaudrait-il pas mieux pousser les OPCA à revoir leurs modes de fonctionnement? Même si cela me semble assez compliqué…

Dans : Humeur
Par AZS
Le 28 mars 2014
A 16 h 29 min
Commentaires :1
 

1 Commentaire

  1.  
    Delphine J
    Delphine J écrit:

    Il est bien malheureux, il faut le reconnaître, que ces organismes n’aient pas à respecter des règles nationales et uniques pour définir les taux de prise en charge, les modalités ou encore les particularités liés au TPE. Exerçant au sein d’un groupe réunissant plusieurs sociétés d’activités différentes, je travaille moi même avec deux OPCA différents et l’écart de souplesse entre ces deux acteurs est frappante. La ou l’un me permettra de faire des demandes jusqu’à 1 semaine après le début de la formation, et permettant un financement de dépassement de budget sous forme de subvention, l’autre nous informe depuis plus de 3 ans par un courrier très officiel d’une suspension des accords de prise en charge à partir du 1er septembre. Information qui parait arbitraire, peu juste et surtout complètement irrationnelle lorsqu’on étudie le rapport financier chaque année qui fait état de comptes encore bien remplis pour le financement de ces actions (on comprend mieux pourquoi il est fait état d’un « trésor de guerre des OPCA »). Il est évident aujourd’hui qu’une réforme en ce sens est à faire surtout pour permettre aux sociétés avec peu de moyen de continuer à maintenir l’employabilité de leurs salariés et leur donner des outils clé de développement.
    Et aujourd’hui, cette nécessite a impulser la réforme de janvier dernier de la formation professionnelle faisant entrer de nouveaux acteurs et repensant les budgets de subventions.
    Reste à voir si les paris (risqués parfois) faits par le législateur porteront leurs fruits d’ici 2016 …

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