Un jour je serai RRH

Un jour, je serai RRH… ou l'itinéraire d'une jeune RH pleine d'enthousiasme

 

Le CICE, kesako?

Le CICE (pour Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi, aussi dit « Réduction Fillon ») est une réduction d’impôts pour les entreprises. Les règles changeant chaque année, prenons l’exemple de 2014: ce crédit d’impôt ne concerne que les salariés ayant touché en 2013 une rémunération brute dans la limite de 2,5 fois le SMIC, soit 42 906€.

Attention à utiliser la bonne formule:

Smic recalculé = Smic temps plein * (nombre de jours convention / 218 jours)

Ou le même calcul en heures avec 1607€, qui est la durée légale annuelle

Pour chaque personne concernée, la réduction d’impôts pour l’entreprise s’élève à 4% des rémunération brutes versées en 2013.

A noter qu’en 2015, sur les traitements versés en 2014, la réduction sera portée à 6% des rémunérations brutes versées.

Une déclaration spécifique doit être faite à l’URRSAF sur le bordereau de cotisation URSSAF.

Dans : Comment faire concrètement? A destination des RH
Par AZS
Le 11 avril 2014
A 9 h 33 min
Commentaires : 0
 
 

Quand l’administration nous fait perdre du temps (et, accessoirement, de l’argent)

Goscinny et Uderzo avaient-ils conscience que leur parodie de l’administration (la « maison qui rend fou » dans les 12 travaux d’Asterix) n’était peut-être pas une parodie mais le triste reflet de la réalité?

Cette semaine, j’ai déjà été confrontée deux fois aux aberrations de l’administration, et je ne peux pas résister à l’envie de vous conter mes mésaventures… par plaisir de me plaindre bien sûr, mais aussi (et surtout !) dans l’espoir insensé que les choses évoluent.

1ère anecdote : mon OPCA. Ah, je m’en plains souvent de celui-là… Je rappelle, pour ceux qui l’ignorent, que les Organismes Paritaires Collecteurs Agréés sont les acteurs qui collectent les taxes liées à la formation pour ensuite subventionner les formations des entreprises… Il est vrai qu’il est tellement plus simple de verser de l’argent pour le récupérer ultérieurement ! Ne serait-il pas plus logique de vérifier et/ou contrôler si les entreprises mettent réellement en place des actions de formations plutôt que de créer des échelons complexes qui coûtent énormément d’argent et ne restituent que partiellement l’argent versé ? Les entreprises qui investissent dans la formation de leurs salariés sont ainsi condamnées à payer deux fois : leurs taxes d’une part, et les formations d’autre part puisque les mécanismes de financement, complexes, longs et opaques ne permettent que dans de très rares cas de toucher l’intégralité de ce qui a été versé sous forme de taxe… Puisque l’objectif est de pousser les entreprises à former leurs salariés, pourquoi ne pas contrôler si elles le font réellement, et mettre en place des sanctions, éventuellement financières, quand elles ne le font pas, à l’image de ce qui se passe pour l’emploi des personnes handicapées ?

Mais je m’égare. J’organise une formation en interne, pour mes salariés donc, et menée par un des dirigeants de la société qui n’est pas un salarié. Je peux demander à mon OPCA de subventionner cette formation, ce que je ne me prive pas de faire, car celle-ci va tout de même me coûter de l’argent (non productivité de mes salariés pendant la formation, frais engendrés dans le cadre de la formation comme la location d’une salle par exemple). Or, l’OPCA me réclame la fiche de paie de mon formateur pour, disent-ils, calculer la subvention qu’ils vont m’accorder. Lorsque je leur expose que le formateur n’est pas un salarié, bien qu’il appartienne à l’entreprise en tant que dirigeant, je sens bien que le problème est de taille… Et de fait, cela « ne rentre pas dans les cases ». Le logiciel utilisé par l’OPCA n’a pas prévu ce cas de figure et le dossier ne peut tout simplement pas être traité. Car l’intelligence informatique a supplanté l’intelligence humaine ! Mais que faire, car cette formation va tout de même me coûter de l’argent… Monter un faux dossier, me répond-on avec beaucoup d’aplomb. C’est-à-dire fournir la fiche de paie d’un autre salarié, uniquement pour que ça « rentre dans les cases ». Quand ce type de demande émane de l’administration elle-même, c’est bien la preuve qu’on marche sur la tête…

2e anecdote : ma société souhaite devenir organisme de formation. Pour ce faire, il nous faut un numéro d’organisme de formation. Pour obtenir ce sésame, il « suffit » d’établir une convention de formation avec un client, c’est-à-dire de signer un contrat avec une date de formation, un lieu, un contenu et une liste de stagiaires qui assisteront à cette formation. Un Cerfa est bien sûr à remplir (signe que l’administration veille!) et à envoyer avec quelques pièces (notamment le programme de la formation, la convention signée par les deux parties mais également l’extrait de casier judiciaire des dirigeants de la société, mais pas du formateur, ce qui ne me semble pas très logique, mais passons…) à la DIRECCTE, administration au combien étrange, émanation de la préfecture, la fameuse « Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi ». Bref. Le délai officiel, annoncé partout, est de deux semaines, parfait. Mais, trois semaines après ma demande et tandis que mon client commence à s’impatienter (car sans ce numéro, impossible de faire subventionner la formation par les fameux OPCA pré cités !), après 1h22 de mise en attente téléphonique (et le délai n’est pas inventé… il vaut mieux être tenace car le service n’est ouvert que de 10h à 12h; l’après-midi, pas de répondeur ou de message indiquant la fermeture du service donc on peut laisser sonner longtemps !), un interlocuteur, qui avait dû oublier son amabilité chez lui en partant le matin, m’annonce que le délai est de 2 mois ! Quand je lui explique que le délai indiqué sur tous les documents officiels est de deux semaines, il affirme que c’est faux (il est vrai que j’ai certainement inventé cette information, mais passons). Deux mois, un mois si j’ai de la chance. Mais voyons ma bonne dame, nous avons trop de demandes, nous ne sommes pas assez nombreux, et tout ça. Certes. Mais de mon côté, ce dont l’interlocuteur avait l’air de se moquer totalement du reste, mon client ne va pas attendre deux mois. Il va aller voir ailleurs. D’autant que les dates annoncées sur ma convention de formation ne seront plus les bonnes. Et qui peut connaître plus de deux mois en avance la liste de stagiaires qui assisteront à une formation ? Irréalisme qui montre une fois de plus, si cela était nécessaire, combien l’administration méconnaît complètement le fonctionnement des entreprises privées.

Cette semaine, j’ai donc (potentiellement) perdu :

-          Mon intégrité en montant un « faux » dossier pour mon OPCA

-          Mes subventions de formation car il est probable que la personne qui gérera ma demande refusera de me subventionner puisque le nom indiqué sur la fiche de paie n’est pas le même que celui du formateur indiqué dans le programme de la formation (et oui !)

-          Mon premier client en tant qu’organisme de formation

-          Ma patience et un peu de ma politesse

Que vive l’administration !

Dans : Humeur
Par AZS
Le 10 avril 2014
A 12 h 20 min
Commentaires : 0
 
 
 

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