Un jour je serai RRH

Un jour, je serai RRH… ou l'itinéraire d'une jeune RH pleine d'enthousiasme

 

Qu’est-ce que c’est encore que ce Document Unique d’Evaluation des Risques?

Comme toutes les sociétés, la mienne est suivie pas un médecin du travail. Bien sûr, les salariés sont convoqués à leur visite médicale d’embauche puis périodique. Mais il n’y a pas que cela: le médecin du travail est ainsi venu dans nos locaux pour faire un diagnostic et diverses recommandations. A peine arrivé, le voilà me posant la question fatidique:

« Pouvez-vous me montrer votre Document Unique d’Évaluation des Risques? »

Mon quoi? Zut, j’aurais donc oublié quelque chose dans les obligations réglementaires?

Oui, j’étais complètement passée à côté. Et quand j’ai commencé à creuser le sujet, j’ai tout simplement paniqué! Et pourtant…

Pour être simple: toute entreprise doit, quel que soit son nombre de salariés, mettre en place ce fameux Document Unique d’Évaluation des Risques. L’objectif de ce document est de lister tous les risques possibles pour les salariés de l’entreprise afin de mettre en place les actions de prévention nécessaires. Encore une bonne idée de départ du législateur.

Et pourtant, chose rare et qui mérite d’être soulignée, pour une fois l’administration n’a pas compliqué ce dossier. C’est ce que j’ai cru au départ: quand on effectue des recherches sur internet, au premier abord apparaissent de nombreuses sociétés qui vendent, parfois à prix d’or, des Documents Uniques tout prêts ou pratiquement, des énormes dossiers de 50 pages à remplir scrupuleusement. Pourtant, quand on creuse plus, et notamment quand on va voir à la source (les textes de loi et décrets afférents), on se rend compte que c’est beaucoup plus simple.

En clair, ce document peut prendre la forme que l’on souhaite: papier ou numérique, tableau ou texte, à la discrétion de l’auteur. C’est l’employeur qui se doit de mettre en place ce document, il peut choisir de le faire seul ou de s’appuyer sur d’autres personnes, par exemple le CHSCT, les Délégués du Personnel, le médecin du travail ou une société externe. Quelle que soit la personne ou l’organisme qui édite le document, l’employeur en reste le seul responsable. Ce Document est Unique, cela signifie qu’il est censé recenser l’ensemble des risques, être en quelque sorte la bible des risques encourus par les salariés dans l’entreprise. Il n’est en revanche pas interdit de faire plusieurs documents, par exemple un par établissement si cela se justifie: l’employeur reste très libre.

Ce document doit prendre la forme d’un inventaire des

  • dangers: c’est-à-dire les éléments objectivement dangereux (par exemple: produits chimiques, machines, escaliers…)
  • risques: c’est-à-dire la façon dont ces dangers peuvent impacter les salariés (pour garder nos exemples: brûlures chimiques, coupures, chutes…)

Et c’est tout pour les obligations. Il « suffit » donc de penser à tous les risques possibles pour n’en oublier aucun. Dans un bureau, il faut penser aux fils qui peuvent traîner, mais aussi aux risque de Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) dus à l’utilisation des ordinateurs par exemple. Il faut être le plus large possible dans cet inventaire.

La logique veut que l’employeur en tire des mesures de prévention et mette en place les équipements ou sensibilisations adéquats. Bien sûr, le CHSCT ou les DP (en fonction de l’effectif de l’entreprise) sont là pour veiller également.

Il est recommandé ensuite, si les risques sont nombreux, de les classer en fonction de la fréquence possible des accidents, ou de leur gravité, pour mettre en place les mesures de prévention appropriées et se focaliser sur les plus critiques. Mais ce ne sont que des recommandations.

La mise à jour de ce document est annuelle, sauf en cas de décision d’un aménagement important (par exemple, installation d’une nouvelle machine), et dans ce cas la mise à jour doit être immédiate.

A noter que ce Document Unique d’Évaluation des Risques doit être consultable par tous les salariés, les IRP, le médecin du travail, l’Inspection du Travail… bref, il faut le garder sous la main.

Je conseille aux RH qui doivent mettre en place pour la première fois ce document de s’appuyer sur le médecin du travail qui a toute l’expérience requise. A la suite de sa visite des locaux, il devra envoyer une fiche entreprise (obligatoire) qui peut servir de base pour l’établissement de ce document. Et pas de panique, dans mon cas, une seule feuille A4 contenant un petit tableau Excel a suffi.

Alors de cédez pas trop vite aux sirènes des solutions toutes faites et hors de prix ou aux sociétés spécialisées. Prenez le temps de vous poser pour vous demander si cela est vraiment nécessaire. Dans le cas d’une activité tertiaire de bureau pour une dizaine de salariés, ce sera facile. Dans le cas d’entreprise multi sites avec de nombreux risques, c’est une autre histoire…

 

Pour tout savoir dans le détail, ce document INRS est fait pour vous!

 

Dans : Comment faire concrètement? A destination des RH
Par AZS
Le 7 mars 2014
A 18 h 03 min
Commentaires : 4
 
 

Réflexions sur la médecine du travail

C’était mon gros dossier du moment: après deux années d’insistance, ma direction a admis qu’il fallait mettre en place une médecine du travail. Bien sûr, ils l’ont plus fait par peur de l’inspection du travail et que pour l’intérêt des salariés, mais au moins, c’est fait…

Cela m’a permis de me poser quelques questions sur cette institution. Soyons clairs: la médecine du travail, moi, j’y crois. Par le passé, je travaillais dans une société qui faisait appel à un très bon médecin. Celui-ci effectuait de véritables examens poussés, recommandait volontiers de consulter des spécialistes (ophtalmo, cardiologues…) et avait même remonté à la direction des cas trop fréquents d’épuisement et de harcèlement moral.

Mais honnêtement, combien de bons médecins du travail dans la masse? L’immense majorité des personnes autour de vous vous dira que ces visites sont uniquement protocolaires, que le médecin vous ausculte de loin et n’est vraiment pas consciencieux. D’où une image très négative de ce service, qui coûte cher, est complexe, contraignant et ne joue que peu son rôle.

Rappelons que, comme toujours, on part d’une bonne intention. L’idée est d’effectuer de la prévention, tant sur le plan personnel que professionnel: on s’assure que les risques professionnels sont bien pris en compte et on en profite pour faire passer les messages de santé publique à une population qui ne va peut-être pas suffisamment consulter de médecins. C’est donc très louable. Ainsi, le médecin peut déceler certains troubles qui auraient pu passer à la trappe.

Dès lors, comment éviter les dérives de l’institution? La question est épineuse. On pourrait envisager moins de visite (tous les 3 ans peut-être?), ou plutôt avec une fréquence qui évolue en fonction de l’âge de la personne (tous les 4/5 ans avant 40 ans, pour arriver à une fréquence biennale en fin de carrière?). On pourrait aussi supprimer la visite à l’embauche pour les métiers sans risque (les SMS, comme Surveillance Médicale Simple) pour rester calé sur le rythme régulier imposé. Cela éviterait pour certains d’avoir deux visites à 6 mois d’intervalle lors d’un changement de poste. La date de la dernière visite pourrait être indiquée dans le certificat de travail donné au salarié le jour où il quitte l’entreprise… car il ne faut pas rêver, il n’y aurait pas avant des années un super outil informatique de l’URSSAF ou de l’inspection du travail qui tiendra un registre détaillé des visites médicales!

Les examens des médecins devraient également être beaucoup plus liés aux activités des salariés. Beaucoup se contentent du minimum vital (courbe de poids, tension). Il faudrait peut-être aller plus loin pour prévenir certains troubles (?), je lance un pavé dans la marre. Je n’ai pas trop de réponse.

En conclusion, je pense que la médecine du travail pourrait être optimisée pour donner de meilleurs résultats pour un coût équivalent voire moindre, ce qui inciterait les plus petites entreprises à y avoir recours dès leur création, plutôt que d’attendre une hypothétique visite de l’inspection du travail et un rappel à la loi. Rappelons que la médecine du travail est inscrite dans le droit du travail et, souvent, dans les contrats de travail… qui sont donc caduques s’il n’y a pas de visite. Salariés, vous avez là une arme que vous pouvez brandir contre votre employeur en cas de conflit.

Dans : Humeur
Par AZS
Le 23 octobre 2013
A 9 h 11 min
Commentaires : 0
 
 

Médecine du travail – étape 2: au quotidien

Vous avez franchi la première étape et choisi votre établissement pour la médecine du travail. Ça c’est fait. Maintenant, il faut adhérer.

Pour une raison que j’ignore et que je ne m’explique pas, chaque établissement demande des renseignements différents sur les salariés. En effet, pour adhérer, il faut remplir une déclaration du personnel: celle-ci comporte les noms, prénoms, dates de naissance, professions des salariés et demande de définir qui doit bénéficier d’une Surveillance Médicale Renforcée (SMR), pour les métiers à risque par exemple. Certains établissements demandent également l’ancienneté de la personne, son lieu de naissance, son numéro de sécurité sociale, son statut cadre ou non cadre… on en voit beaucoup. C’est la partie fastidieuse de ce chapitre.

A noter que le traitement des dossiers d’adhésion peut être extrêmement long, d’autant plus que certains établissements ont mis en place une liste d’attente tant ils sont sollicités. Il n’y aurait en effet pas assez d’établissements dans certaines zones géographiques… Vous avez dit « déserts médicaux »?

Ensuite, la médecine du travail devient purement un travail administratif. Il faut organiser les visites: lors d’une embauche (et en théorie avant la fin de la période d’essai), puis tous les deux ans (sauf dans le cas des SMR qui bénéficient d’un surveillance particulière) et au retour d’un congé maternité, arrêt de travail long ou accident du travail.

Des statistiques officielles sont remontées annuellement par les établissements et présentées au CHSCT et, parfois, aux autres instances (DP, CE).

En bref, une question pas très difficile à traiter pour les RH mais qui reste lourde au quotidien.

Dans : Comment faire concrètement? A destination des RH
Par AZS
Le 22 octobre 2013
A 9 h 08 min
Commentaires : 0
 
 

Obligatoire pour tous, la médecine du travail – étape 1: choisir son établissement

Histoire de se mettre en conformité, et après mes appels du pied répétés, mon patron a décidé que nous aurions désormais une médecine du travail – ouf.

Me voilà donc à la recherche du bon médecin du travail, et ce n’est pas évident!

A savoir: les établissements de médecine du travail sont des associations, théoriquement à but non lucratif. Ils ont chacun une zone géographique bien définie, et même parfois des métiers précis dont ils s’occupent. La recherche du bon établissement peut donc déjà être semée d’embûches.

A noter que les tarifs ne sont pas très différents d’un établissement à l’autre. Souvent, ils proposent deux calculs: un montant fixe par salarié, ou un montant fonction de la masse salariale déclarée l’année précédente – sachant qu’on paie le montant le plus élevé, bien sûr. A noter qu’il faut ajouter souvent des frais d’adhésion, plus parfois d’autres frais (par exemple, si un rendez-vous est annulé au dernier moment).

Ensuite, place à la paperasse!

Dans : Comment faire concrètement? A destination des RH
Par AZS
Le 18 octobre 2013
A 17 h 18 min
Commentaires : 0
 
 

Obligatoire pour toutes les entreprises: la médecine du travail

Mon propos n’est pas d’expliquer techniquement comment fonctionne la médecine du travail, son importance et ses rouages… Trop souvent négligée, la médecine du travail est noble et doit être respectée!

Jeune RRH, vous prenez les rênes de votre entreprise: il vous faut obligatoirement mettre en place une médecine du travail. Il n’y a pas de nombre de collaborateurs minimum, attelez-vous y dès maintenant.

Pour ce faire, il vous faut prospecter dans votre zone géographique (département ou certains arrondissements de Paris) les organismes de médecine du travail compétents. Attention, certains organismes sont spécialisés pour certains types de métier. Prenez contact avec eux, ce sont des associations qui pratiquent toutes des tarifs plus ou moins équivalents (ne passez pas des heures à les comparer, je l’ai fait pour un bénéfice plus que minime). En revanche, certains proposent des services supplémentaires, comme de la sensibilisation sur certains sujets, à voir en fonction de l’activité de votre entreprise et de votre sensibilité.

Une fois le contrat conclu, il vous faudra simplement penser à envoyer vos collaborateurs aux visites obligatoires: à l’embauche, tous les deux ans, suite à un arrêt maladie long ou à un congé maternité, etc. Les organismes vont aideront.

J’insiste sur la médecine du travail, je suis persuadée de son importance: un bon médecin du travail pourra vous remonter les risques psychosociaux que vous pourriez ne pas voir et aiguillera vos collaborateurs vers des spécialistes en cas de besoin.

Dans : Comment faire concrètement? A destination des RH
Par AZS
Le 5 mars 2012
A 9 h 33 min
Commentaires : 0
 
 
 

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