Un jour je serai RRH

Un jour, je serai RRH… ou l'itinéraire d'une jeune RH pleine d'enthousiasme

 

Quand l’administration nous fait perdre du temps (et, accessoirement, de l’argent)

Goscinny et Uderzo avaient-ils conscience que leur parodie de l’administration (la « maison qui rend fou » dans les 12 travaux d’Asterix) n’était peut-être pas une parodie mais le triste reflet de la réalité?

Cette semaine, j’ai déjà été confrontée deux fois aux aberrations de l’administration, et je ne peux pas résister à l’envie de vous conter mes mésaventures… par plaisir de me plaindre bien sûr, mais aussi (et surtout !) dans l’espoir insensé que les choses évoluent.

1ère anecdote : mon OPCA. Ah, je m’en plains souvent de celui-là… Je rappelle, pour ceux qui l’ignorent, que les Organismes Paritaires Collecteurs Agréés sont les acteurs qui collectent les taxes liées à la formation pour ensuite subventionner les formations des entreprises… Il est vrai qu’il est tellement plus simple de verser de l’argent pour le récupérer ultérieurement ! Ne serait-il pas plus logique de vérifier et/ou contrôler si les entreprises mettent réellement en place des actions de formations plutôt que de créer des échelons complexes qui coûtent énormément d’argent et ne restituent que partiellement l’argent versé ? Les entreprises qui investissent dans la formation de leurs salariés sont ainsi condamnées à payer deux fois : leurs taxes d’une part, et les formations d’autre part puisque les mécanismes de financement, complexes, longs et opaques ne permettent que dans de très rares cas de toucher l’intégralité de ce qui a été versé sous forme de taxe… Puisque l’objectif est de pousser les entreprises à former leurs salariés, pourquoi ne pas contrôler si elles le font réellement, et mettre en place des sanctions, éventuellement financières, quand elles ne le font pas, à l’image de ce qui se passe pour l’emploi des personnes handicapées ?

Mais je m’égare. J’organise une formation en interne, pour mes salariés donc, et menée par un des dirigeants de la société qui n’est pas un salarié. Je peux demander à mon OPCA de subventionner cette formation, ce que je ne me prive pas de faire, car celle-ci va tout de même me coûter de l’argent (non productivité de mes salariés pendant la formation, frais engendrés dans le cadre de la formation comme la location d’une salle par exemple). Or, l’OPCA me réclame la fiche de paie de mon formateur pour, disent-ils, calculer la subvention qu’ils vont m’accorder. Lorsque je leur expose que le formateur n’est pas un salarié, bien qu’il appartienne à l’entreprise en tant que dirigeant, je sens bien que le problème est de taille… Et de fait, cela « ne rentre pas dans les cases ». Le logiciel utilisé par l’OPCA n’a pas prévu ce cas de figure et le dossier ne peut tout simplement pas être traité. Car l’intelligence informatique a supplanté l’intelligence humaine ! Mais que faire, car cette formation va tout de même me coûter de l’argent… Monter un faux dossier, me répond-on avec beaucoup d’aplomb. C’est-à-dire fournir la fiche de paie d’un autre salarié, uniquement pour que ça « rentre dans les cases ». Quand ce type de demande émane de l’administration elle-même, c’est bien la preuve qu’on marche sur la tête…

2e anecdote : ma société souhaite devenir organisme de formation. Pour ce faire, il nous faut un numéro d’organisme de formation. Pour obtenir ce sésame, il « suffit » d’établir une convention de formation avec un client, c’est-à-dire de signer un contrat avec une date de formation, un lieu, un contenu et une liste de stagiaires qui assisteront à cette formation. Un Cerfa est bien sûr à remplir (signe que l’administration veille!) et à envoyer avec quelques pièces (notamment le programme de la formation, la convention signée par les deux parties mais également l’extrait de casier judiciaire des dirigeants de la société, mais pas du formateur, ce qui ne me semble pas très logique, mais passons…) à la DIRECCTE, administration au combien étrange, émanation de la préfecture, la fameuse « Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi ». Bref. Le délai officiel, annoncé partout, est de deux semaines, parfait. Mais, trois semaines après ma demande et tandis que mon client commence à s’impatienter (car sans ce numéro, impossible de faire subventionner la formation par les fameux OPCA pré cités !), après 1h22 de mise en attente téléphonique (et le délai n’est pas inventé… il vaut mieux être tenace car le service n’est ouvert que de 10h à 12h; l’après-midi, pas de répondeur ou de message indiquant la fermeture du service donc on peut laisser sonner longtemps !), un interlocuteur, qui avait dû oublier son amabilité chez lui en partant le matin, m’annonce que le délai est de 2 mois ! Quand je lui explique que le délai indiqué sur tous les documents officiels est de deux semaines, il affirme que c’est faux (il est vrai que j’ai certainement inventé cette information, mais passons). Deux mois, un mois si j’ai de la chance. Mais voyons ma bonne dame, nous avons trop de demandes, nous ne sommes pas assez nombreux, et tout ça. Certes. Mais de mon côté, ce dont l’interlocuteur avait l’air de se moquer totalement du reste, mon client ne va pas attendre deux mois. Il va aller voir ailleurs. D’autant que les dates annoncées sur ma convention de formation ne seront plus les bonnes. Et qui peut connaître plus de deux mois en avance la liste de stagiaires qui assisteront à une formation ? Irréalisme qui montre une fois de plus, si cela était nécessaire, combien l’administration méconnaît complètement le fonctionnement des entreprises privées.

Cette semaine, j’ai donc (potentiellement) perdu :

-          Mon intégrité en montant un « faux » dossier pour mon OPCA

-          Mes subventions de formation car il est probable que la personne qui gérera ma demande refusera de me subventionner puisque le nom indiqué sur la fiche de paie n’est pas le même que celui du formateur indiqué dans le programme de la formation (et oui !)

-          Mon premier client en tant qu’organisme de formation

-          Ma patience et un peu de ma politesse

Que vive l’administration !

Dans : Humeur
Par AZS
Le 10 avril 2014
A 12 h 20 min
Commentaires : 0
 
 

Scandale autour de la formation professionnelle

Toutes les entreprises paient des cotisations afférant aux formations et doivent les verser annuellement à un OPCA (Organisme Paritaire Collecteur Agréé). Ces OPCA sont des association sous contrat avec l’Etat dont le rôle est de gérer ces cotisations. En clair, quand une entreprise met en place une action de formation, elle demande à son OPCA une prise en charge totale ou partielle des coûts générés.

Ce système est lourd et très administratif, je me suis déjà épanchée à ce sujet. Je ne vais pas tirer de grandes généralités car j’imagine que tout dépend de l’OPCA. A noter que les OPCA sont liés aux secteurs d’activité: ainsi, toutes les entreprises d’un même secteur dépendent du même OPCA.

Mais venons en au scandale proprement dit. Mon OPCA distingue différentes sortes de formation selon le public visé (âge, séniorité dans l’entreprise), la durée de la formation (quelques heures à plusieurs semaines), la vocation de la formation (Validation des Acquis de l’Expérience pour obtenir un diplôme, bilan de compétences…), etc. Chaque action de formation dépend de l’une ou de l’autre catégorie. Or, chaque entreprise a doit à un certain montant de prise en charge par catégorie: par exemple, X€ pour la VAE, X€ pour le plan de formation de l’entreprise, etc. Là où le bât blesse, c’est que mon OPCA réfléchit plutôt en termes de catégories que d’entreprises: par exemple, elle envisage de payer X milliers d’€ pour les bilans de compétence par exemple, toutes entreprises confondues. Si au mois d’août l’intégralité de ce budget est consommé, l’OPCA ne financera plus de bilan de compétences, et ce même si mon entreprise n’en a fait encore aucune demande pour l’année en cours! Mais bien sûr, ce discours est officieux, rien de tel n’est jamais affiché… Quoi qu’il en soit, en trois ans, aucune demande de subvention faite après le mois d’août n’a été acceptée.

Ainsi, on nous incite à faire nos demandes de prises en charge le plus tôt possible dans l’année. Certes, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. En effet, les actions de formation sont nominatives: ce principe de fonctionnement interdit donc la souplesse que demandent les salariés. Ainsi, si un salarié a besoin d’une formation au mois de septembre, il y a très peu de chances pour qu’il me reste des possibilités de financement, et donc le coût de cette formation sera porté uniquement par l’entreprise… ce qui n’est pas toujours possible, surtout dans les plus petites.

Autre paradoxe: l’ancienneté. On ne peut demander une formation que pour un salarié, voire un salarié ayant déjà une certaine ancienneté. Or, je suis confrontée au cas d’un futur salarié, recruté pour le mois de juin et qui aurait besoin d’une formation sur un point précis pour être pleinement opérationnel. Imbroglio administratif… je n’aurai jamais de subvention. En effet, je ne peux pas faire de demande aujourd’hui puisque la personne ne fait pas encore partie des effectifs. Et quand ce sera le cas, au mois de juin donc, le temps que les démarches soient accomplies, nous serons déjà en juillet voire en août! et il n’y aura certainement plus de budget pour ce type d’action de formation…

Résultat: mon entreprise n’utilise que très peu les sommes allouées à notre OPCA dans le cadre de la formation. A peine un sixième. Je m’en suis ouverte à mon OPCA qui m’a mis en avant toutes les catégories de formation existant, mais aucune ne m’intéresse vraiment (à part le plan de formation de mon entreprise) car elles ne sont pas du tout adaptées à ma petite entreprise… je ne détaille pas le contexte, mais objectivement, je ne peux pas faire grand chose en dehors de mon plan de formation.

Et c’est là qu’arrivent tout un tas d’instituts de formation qui me prospectent régulièrement en me faisant miroiter des subventions de mon OPCA. J’en ai rencontré plusieurs, par curiosité, et le résultat est édifiant tous proposent en fait de contourner le système, de « gruger », voire d’établir de faux documents pour obtenir des subventions. Il s’agit de monter des dossiers bidons pour débloquer des financements qui sont ensuite détournés vers les actions de formation qui nous conviennent. D’une part, le principe d’établir de faux documents heurte ma conscience (et pas que professionnelle). D’autre part, si ces instituts promettent d’utiliser ces fonds dans des actions de formation, je me doute bien que ce n’est pas le cas de tous ces instituts (qui ne semblent pas se démarquer par leur honnêteté) ni de toutes les entreprises qui font appel à eux… Alors bien sûr, on peut se dire qu’il s’agit de récupérer des sommes d’argent auxquelles, en fin de compte, notre entreprise a droit. Mais faut-il pour autant accepter ce type de procédés? Qui peut aller très loin… Ne vaudrait-il pas mieux pousser les OPCA à revoir leurs modes de fonctionnement? Même si cela me semble assez compliqué…

Dans : Humeur
Par AZS
Le 28 mars 2014
A 16 h 29 min
Commentaires :1
 
 

Incohérence

Je me félicitais l’autre jour de voir les administrations se mettre au numérique. En effet, je devais envoyer une demande de prise en charge pour la formation d’une de mes salariées à mon OPCA (Organisme Paritaire Collecteur Agréé)…

Bref, je remplis mon dossier en ligne, sur le site de l’OPCA. Simple! Rapide! On peut même joindre des documents (je m’attendais à ce qu’ils me demandent de les envoyer par courrier…). La modernité débarque dans les administrations!

Et puis j’ai attendu… une semaine… deux semaines… trois semaines… Bon, je ne suis pas trop naïve et je ne m’attendais pas à ce qu’internet rende les employés plus rapides. Mais ce matin, le coup de grâce: je reçois un courrier PAPIER. Ils me confirment avoir reçu ma demande (ouf! un être humain gère donc les dossiers internet, ils ne sont pas perdus…). Mais il manque une pièce (ne pouvaient-ils pas m’en informer par mail ou, au pire, sur leur plateforme?). Et je dois la leur envoyer dans les 8 jours calendaires (en gras et souligné, s’il vous plaît) avec une copie du courrier; faute de quoi le dossier sera clôturé. Fin de la gestion informatique.

Je ne comprends vraiment pas pourquoi une partie est informatisée et l’autre non. J’imagine alors qu’ils ont imprimé l’ensemble du dossier, et peut-être même en plusieurs exemplaires!!! Mais à quoi ça sert??? Les OPCA ont vraiment du mal à sortir de la préhistoire.

Dans : Humeur
Par AZS
Le 16 novembre 2012
A 13 h 57 min
Commentaires : 0
 
 

Je quitte mon entreprise… avec mon DIF!

J’ai déjà évoqué le fameux DIF, Droit Individuel à la Formation, qui fait que l’année 2003 aura été une grande année pour les RH.

On le sait peu, mais le DIF est dit « portable », c’est-à-dire que vous pouvez quitter votre entreprise avec votre DIF s’il n’est pas complètement utilisé.

Concrètement, vous avez droit à la portabilité du DIF dans presque tous les cas de rupture de contrat de travail, sauf faute lourde ou départ à la retraite. Ce DIF peut ensuite être utilisé dans une autre entreprise ou auprès du Pôle Emploi. Pour bénéficier de ce droit, il faut en faire la demande à l’employeur que l’on quitte, celui-ci établira un certificat de travail qui devra préciser:

  • le solde du nombre d’heures de DIF non utilisées
  • la somme correspondant à ce solde (sachant qu’un heure de DIF = 9,15€)
  • l’OPCA (Organisme Paritaire Collecteur Agréé, l’organisme que gère les budgets formations) dont l’entreprise relève.

A partir de ce moment-là, vous avez 2 ans pour utiliser votre DIF. Il peut financer une formation, une VAE (Validation des Acquis par l’Expérience, ou comment obtenir un diplôme en mettant en avant son expérience) ou un bilan de compétences.

Si le nouvel employeur refuse la formation (et il le peut dans certaines conditions), vous pouvez faire appel directement à l’OPCA concerné, qui pourra satisfaire votre demande, sous certaines conditions encore.

Chers RH, à noter: la portabilité du DIF ne coûte rien au nouvel employeur puisque celui-ci sera financé par l’OPCA du nouvel employeur. Ensuite, les OPCA s’arrangent entre eux le cas échéant.

A tous: pensez-y! 20h par an de DIF, ça s’utilise…

Dans : Comment faire concrètement? A destination des RH,Conseil de RH à l'usage de tous
Par AZS
Le 15 octobre 2012
A 16 h 42 min
Commentaires : 0
 
 
 

projetpro |
lcmt |
pergolamelbourne |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | surendettement1rachatcredit
| hotshop0306
| upasc