Un jour je serai RRH

Un jour, je serai RRH… ou l'itinéraire d'une jeune RH pleine d'enthousiasme

 

1ère étape: s’approprier les process

Je vais essayer de vous livrer ce que j’ai fait pour prendre possession de mon poste et le construire. Bien sûr, c’est loin d’être parfait! En revanche, je peux vous faire partager mon expérience et peut-être cela en aidera-t-il certains qui ne tomberont pas dans les mêmes pièges…

La première chose que je me suis dite, je la tenais d’un de mes profs de RH à l’école (car j’y ai vraiment appris quelque chose!): il ne faut en aucun cas faire tout de suite table rase du passé. Le mauvais réflexe est donc d’arriver avec son expérience et ses gros sabots et vouloir tout de suite tout refaire. Au contraire, je me suis attachée, pendant mes premières semaines, à observer, essayer de comprendre, m’imprégner.  J’avoue que ce n’est pas facile à deux titres: d’abord, parce qu’on arrive plein d’idées et d’enthousiasme, qu’on a envie de faire évoluer les choses et que beaucoup d’axes d’amélioration sautent aux yeux les premiers jours; ensuite, parce qu’on est attendu sur ce volet. Je crois que je me souviendrai toujours des regards étonnés de mes nouveaux collègues quand ils m présentaient l’état actuel des choses et que je leur répondait simplement « d’accord »… ils auraient bien sûr préféré que j’arrive en voulant tout révolutionner!

Je suis très contente d’avoir adopté cette démarche, car cela m’a permis d’éviter bon nombre d’écueils. En effet, par exemple, je trouvais le processus de recrutement existant inapproprié, et si je m’étais écoutée, j’aurais mis en place celui de ma société précédente… grave erreur, cela n’aurait pas été du tout adapté. Au final, au bout de quelques semaines, le processus de recrutement a été légèrement revu, à mon sens il a été amélioré, mais pas de la manière que j’envisageais au départ. Ceux qui y avaient réfléchi avant moi n’étaient pas stupides, ce process de recrutement avait un sens même si on pouvait faire mieux! Une bonne recette qui fonctionne dans une entreprise n’est pas forcément applicable telle quelle à une autre.

Je n’ai en revanche pas pu m’empêcher de refondre un certain nombre de documents, mal m’en a pris: quelques semaines après, une fois que j’ai maîtrisé mon poste et ses contours, je me suis mise à tout refaire… soyons réalistes, fraîchement arrivés dans une nouvelle structure, on n’a pas le recul nécessaire pour mettre en place de grands projets. Il faut se focaliser sur l’apprentissage de l’histoire de la société, ses valeurs, sa stratégie… avant de vouloir y contribuer. Freiner son enthousiasme. Mettre de côté sa jeunesse et sa fougue!

Je livrerais donc deux conseils pendant les premières semaines:

1. S’imprégner de son nouveau poste et prendre note de ses étonnements. Une petite feuille ne me quittait pas, je notais toutes mes remarques, ce qui m’a permis quelques semaines après de faire évoluer des choses que j’avais déjà intégrées. On se familiarise si vite avec un nouvel environnement, on risque d’oublier certaines remises en question essentielles!

2. S’atteler à des tâches nécessaires mais non implicantes. Typiquement dans mon cas, rédiger le règlement intérieur de la société ou organiser les élections des Délégués du Personnel: on sera bien obligé de le faire, mais la culture de la société n’a que peu d’impact là-dessus, il s’agit surtout de chantiers techniques. Autant le faire dès le départ, « ça occupe » et ça laisse le temps de découvrir son nouvel environnement. Le stratégique viendra plus tard, en son temps.

Dans : Comment faire concrètement? A destination des RH
Par AZS
Le 4 mars 2012
A 12 h 00 min
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Abandonnée!

Quand je suis arrivée sur mon nouveau poste, je ne savais pas où donner la tête, trop de dossiers à traiter, trop de priorités! Alors en vrac, j’ai

- réorganisé le processus de recrutement

- refondu tout un tas de documents: contrats de travail, charte interne, documents de suivi des collaborateurs…

- réécrit les pages RH du site web de la société

- mis en place des process administratifs clairs

- écrit le règlement intérieur de la société

- organisé les premières élections de Délégués du Personnel

Mais en fait, je me suis sentie… abandonnée. Rien ni personne n’a été capable de m’aiguiller. Finalement, en tant que jeune RRH qui monte sa direction de toute pièce, on ne sait absolument pas ce qu’il faut faire. Si certaines choses tombent sous le sens (mettre en place des process de recrutements clairs par exemple, c’est à la fois indispensable et visible de tous!), pour le reste on va de surprise en surprise! Je n’ai trouvé nulle part une information précise sur les obligations des entreprises de moins de 10, 20 ou 50 collaborateurs. Et pourtant, il y en a tant! Mise en place de Délégués du Personnel, règlement intérieur, politique de handicap, accord sur l’égalité professionnel, accord de prévention des risques, médecine du travail… je nage en eaux troubles depuis le départ. La seule solution est de s’organiser, je me suis inscrite à une dizaine de newsletters et autres groupes professionnels dans l’espoir de ne rien rater, et fort heureusement le cabinet comptable qui m’accompagne au quotidien est attentif à certaines choses. Mais là se trouve une lacune énorme, et je me suis promis, un jour, quand j’en aurai le temps et la compétence, de mettre en place un site web d’accompagnement des jeunes RH comme moi qui ne savant pas par quel bout s’y prendre.

Ainsi, je vais pouvoir vous expliquer mes petites déconvenues sur tous ces sujets essentiels…

Dans : Humeur
Par AZS
Le 3 mars 2012
A 13 h 00 min
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Devenir RRH…

Et ça y est, je suis une grande… une petite société a décidé de me faire confiance en me désignant en tant que leur RRH. La première! En effet, en tant que jeune entreprise, il n’y a pour l’heure jamais eu personne à ce poste.

Je ne cache pas mon enthousiasme pour ce défi. Je vais devoir tout monter, créer, inventer… moi, avec mes petites mains, mon petit cerveau, et, bien sûr, mes petits moyens… La tâche me paraît immense mais cela ne me fait pas peur, après tout je ne suis pas plus bête qu’une autre. Et puis, ils m’ont choisie! D’accord, mon diplôme y est pour beaucoup, mais s’ils m’ont choisie, ce n’est quand même pas pour rien… j’espère.

Avant de me lancer dans cette expérience, je me fais déjà quelques premières réflexions:

1. Il va falloir s’organiser: il me paraît évident que la première difficulté sera de faire la part entre l’opérationnel courant et nécessaire à la survie de la société, et l’aspect plus stratégique et long terme, sur lequel je suis évidemment attendue. Pas question de me borner au rôle de simple exécutante!

2. Il ne faudra rien oublier… Et là la panique me gagne un peu. Comment être sûre de penser à tout? Les RH, c’est si vaste! Administratif, paie, recrutement, formation, relations sociales…

3. Je vais être un peu seule au monde: formidable si cela fonctionne bien, tous les lauriers me reviendront, mais soyons réalistes, cela sera difficile… et si cela ne fonctionne pas aussi bien que je le voudrais, impossible de me cacher derrière quelqu’un d’autre. Une surexposition à laquelle je n’avais pas pensé de prime abord, mais que je suis prête à assumer.

4. Je devrai forger mon poste à mon image, et ça c’est passionnant. Pour le coup, je vais pouvoir laisser ma patte, choisir mes priorités, mettre l’accent sur tel ou tel chantier et ne pas rentrer dans un carcan. Passionnant!

Alors, c’est parti, place à la RRH…

Dans : Mon parcours
Par AZS
Le 2 mars 2012
A 13 h 20 min
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Première expérience RH dans une grande entreprise – désillusion!

Et là le choc: les RH dans cette société, ce n’est pas du tout ce que j’imaginais!

Il y a eu, bien sûr, de bonnes surprises:

1. Des équipes bien fournies et de bon niveau: une chose est sûre, dans cette société, les personnes travaillant aux RH sont nombreuses et compétentes. A quelques exceptions près, je ne me souviens pas d’avoir été déçue par un des interlocuteurs RH qu’il m’a été donné de rencontrer. Revers de la médaille, tout se petit monde s’auto congratule au détriment des concurrents notamment, voire des collègues, et il est difficile d’intégrer ce milieu…

2. Des moyens, une volonté politique: pas de souci côté budget, de l’argent, il y en a. Quand on travaille dans ce type de grosses sociétés, impossible de rater le coche, il faut être irréprochable sur toutes les problématiques importantes et/ou à la mode: handicap, séniorité, égalité professionnelle, CV anonyme… De ce fait, on a des moyens, mais sont-ils bien ventilés? Cela donne trop souvent l’impression qu’on investit de l’argent là où ça rapporte en termes d’image, mais pas forcément en termes « d’efficacité » RH.

3. Des personnes qui passent des métiers aux RH et des RH aux métiers. Et ça, bravo, rien à redire. J’ai eu un DRH qui avait commencé par faire complètement autre chose, un autre qui est passé par d’autres métiers avant de revenir aux RH… Des parcours variés, à l’international notamment, qui permettent de brasser des idées intéressantes.

Mais passées ces bonnes surprises, d’autres éléments sautent aux yeux, et on finit par ne voir plus que ça…

1. Une désorganisation due à trop grande parcellisation: grosse société, plein de BU qui se veulent plus ou moins indépendantes, ça donne… un certain bazar. On se marche sur les pieds, c’est mon candidat pas le tien, on perd un temps monstre à résoudre des problèmes internes qui n’auraient pas lieu d’être (doit-on uniformiser les salaires à l’embauche? le nom des fonctions? etc.). On en arrive à créer des postes de coordination qui ont pour unique objectif de régler les problèmes internes. Indispensable, mais paradoxal quand on y réfléchit.

En découle d’autres paradoxes, comme des process non uniformisés à l’origine de différences de traitement d’une BU à l’autre par exemple. Allez ensuite expliquer à l’extérieur que dans telle BU ça fonctionne comme ci mais pas comme ça, mais que nous sommes tout de même une seule et belle société aux valeurs communes!

2. Des ETAMs et des cadres en conflit: dans cette grosse société (et dans d’autres…), on ne mélange pas les torchons et les serviettes (et l’expression ne vient hélas pas de moi…). Alors, certaines tâches sont pour les ETAMs, comme tout l’aspect administratif, et les tâches « à valeur ajoutée » incombent aux cadres. Bien sûr, vu la lourdeur administrative de ce type d’entreprise, les ETAMs se retrouvent à ne traiter que des dossiers rébarbatifs et pas très valorisants, ce que les cadres n’oublient pas de leur faire sentir. Quelle barrière infranchissable entre ces deux mondes! Quelle mise sur la touche des ETAMs, tellement moins stratégiques, tellement moins « sexys »!

3. Une fonction non valorisée par rapport aux autres métiers. On a beau dire et faire, les RH restent dans ce type de société une « variable d’ajustement », avec tout ce que cette expression peut comporter comme dédain. Quoi qu’on fasse, on n’oublie pas de nous rappeler que la finance ou le marketing sont quand même plus importants, que non, ce budget n’est pas prioritaire, mais faites des miracles sans moyen, c’est pour ça qu’on vous aime!

4. Des outils pléthoriques mal utilisés et la lourdeur des reportings. La gangrène des grosses sociétés. Vous faites? C’est bien. Mais on veut savoir et voir que vous faites. Et bienvenus aux tableaux Excel à foison ou, si vous avez plus de chance, à des outils un peu plus sophistiqués (BO? Access? Qu’importe…).  Et on remplit des tableaux alors que certains systèmes sont censés le faire pour nous. Et plusieurs outils se contredisent, on ne sait plus bien démêler le vrai du faux. Et chaque nouvel arrivé rêve de créer l’outil idéal et hop! un nouveau à remplir… Sans exagération, une journée par mois était consacrée dans cette société à remplir des reportings en tout genre. Rappel utile à destination des RH: le seul tableau/outil qui sera toujours à jour, ce celui de la paie. On n’a pas encore rencontré de collaborateur ne se faisant pas connaître s’il n’est pas payé…

5. On est jeté dans le bain. Et oui, que voulez-vous, on n’a pas le temps, tout le monde est débordé! Alors, n’allez pas penser qu’on va prendre le temps de vous former ou de mettre en place une passation digne de ce nom, il est bien connu que c’est en sautant dans la piscine qu’on apprend à nager. Et pourtant, quel temps et quelle efficacité pourraient être gagnés si on se donnait la peine de faire bien les choses, combien d’écueils évités!

6. Des stagiaires au niveau des collaborateurs: après tout, on est tous passés par là et on en était bien contents, les stages forment la jeunesse! Et puis, un stagiaire, c’est tellement moins cher et plus malléable qu’un collaborateur, ça ferait n’importe quoi pour se faire recruter… Et voilà comment trouver de la main d’œuvre corvéable à merci que l’on pourra par la suite jeter au rebut sans se poser quelques questions essentielles: par exemple, ce stagiaire qui a recruté plusieurs collaborateurs était-il vraiment en mesure de bien recruter si, en fin de compte, on ne souhaite pas le garder dans les effectifs? Hum…

7. Un turnover qui frise le délire. Et oui, dans cette société idyllique, rester 2 ans à un même poste relève de l’exploit. Ceci n’est absolument pas vu de façon négative, bien au contraire, puisqu’il s’agit de prôner la mobilité interne, très bonne chose. Mais, sans vouloir avoir l’air rabat-joie, comment peux-tu faire progresser un service si on y reste moins d’un an? Dans ma conception des choses, il faut une année pour découvrir un poste sous toutes ses facettes, un an pour le maîtriser et un an pour le transcender… je dois me tromper.

8. Des luttes intestines: et puis, bien sûr, dans le joli monde des grandes entreprises, ne négligeons pas les sacro-saints problèmes politiques. Et Mme X qui a osé soutenir la candidature de M. Y à tel poste. Et tel DRH qui aimerait empiéter sur le territoire de son voisin… Quel manque de sérénité dans ces organisation! Combien de fois faut-il relir chaque email anodin pour veiller aux éventuels sous-entendus, et attention à n’oublier de ne mettre personne en copie (cachée?).

 

En bref, cette expérience m’aura démontré, s’il était vraiment besoin, que pour s’en sortir dans cette fosse aux serpents, il vaut mieux ne compter que sur soi-même et mener sa barque, trop de forces sont en jeu et trop peu d’esprits indépendants viendront vous soutenir, même si vous le méritez. Quelle contradiction: les RH, censées mettre en place les process et politiques pour permettre à chacun de s’épanouir, se sabordent d’elles-même et c’est, comme souvent, le cordonnier qui est le plus mal chaussé.

Après cette première grande désillusion, je ne suis toutefois pas dégoûtée du métier, au contraire, je ne vois que des choses à améliorer! Alors, je continue mon petit bonhomme de chemin…

Dans : Mon parcours
Par AZS
Le 29 février 2012
A 8 h 45 min
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